Cancer – Quand la cellule n’obéit plus aux règles

La majorité des mutations que subit l’ADN d’une cellule sont réparées ou éliminées. Cependant, il arrive que ces mutationss’accumulent dans la cellule. Quand elles ont lieu sur des gènes clés, elles peuvent provoquer la « transformation cellulaire ». C’est un processus au cours duquel la cellule acquiert des propriétés particulières qui peuvent conduire au développement d’un cancer.

Le cancer est une maladie due à un dérèglement du fonctionnement des cellules. Il peut avoir pour origine une cellule unique, dont le patrimoine génétique est altéré. Contrairement à une cellule normale, programmée pour se multiplier un nombre de fois défini puis mourir, la cellule cancéreuse est complètement indisciplinée. Engagée dans un processus de division anarchique, elle accumule les anomalies et conduit au développement de la maladie.

Le cancer en chiffres (Mission Interministérielle pour la Lutte contre le Cancer – plan cancer 2003-2007)

  • Le cancer tue en France 150 000 personnes chaque année.
  • Entre 1978 et 2000, l’incidence des cancers, toutes causes confondues, a crû de 35 %, à population comparable.
  • Entre 1978 et 2000, le risque de décès par cancer a diminué de 9 %, à population comparable.
  • 278 000 nouveaux cas de cancer ont été déclarés en 2000 contre 160 000 en 1980.
  • 35% des décès prématurés chez l’homme sont dus au cancer.
  • 42% des décès prématurés chez la femme sont dus au cancer.

La transformation cellulaire

Deux classes de gènes jouent un rôle essentiel dans le processus de transformation cellulaire car ils interviennent directement dans le contrôle de la division des cellules. Les gènes qui stimulent la division cellulaire, dits proto-oncogènes, existent dans le cadre d’un cancer sous forme anormale, dits oncogènes. Ils entraînent alors une division anormale de la cellule.    Un autre ensemble de gènes, dits suppresseurs de tumeurs, a pour fonction de freiner le déclenchement de la division cellulaire. Lors d’un cancer, ils ne remplissent plus cette fonction. D’autres types de gènes, notamment ceux impliqués dans les systèmes de réparation, participent à la transformation cellulaire lorsqu’ils sont mutés.

Lors de la division cellulaire, une cellule « mère » ayant subi des mutations les transmet à ces deux cellules « filles ». Celles-ci pourront elles-mêmes subir des mutations qu’elles transmettront à leur tour à leurs descendances. C’est sur ce principe d’accumulation de mutations sur plusieurs générations de cellules que s’explique le processus de transformation qui aboutit à la formation d’une cellule cancéreuse. La cellule cancéreuse se distingue de la cellule normale par certaines caractéristiques :

  • Elle ne tient plus compte des signaux extérieurs, elle est plus résistante à l’apoptose (mort cellulaire programmée) et devient indépendante vis-à-vis des facteurs de croissance.
  • Elle ne respecte plus les points de contrôle de son cycle de division.
  • Elle n’a plus le temps de copier convenablement l’ADN. La quantité d’ADN du noyau augmente, des mutations s’accumulent.
  • Elle perd ses fonctions spécifiques (cellules du sang, de la peau, de l’intestin, etc.)
  • Elle possède des chromosomes de tailles et de formes anormales.
  • Elle a des télomères qui restent de tailles constantes et ne subit plus le processus de vieillissement.
  • Elle devient immortelle.

Source : Exposition « Les effets du rayonnement sur le vivant » – CEA

 François Paris, chercheur Inserm – CRCINA  Nantes